Soutenance de thèse : Alessandra RANDAZZO

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Publié le 12 novembre 2025 Mis à jour le 5 janvier 2026
Date(s)

le 19 novembre 2025

14h 
Lieu(x)

Université Côte d'Azur, Campus Carlone, Nice

Salle des conseils

Avis de Soutenance

Madame Alessandra RANDAZZO

PHILOSOPHIE

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés

Penser à partir des pratiques improvisées en danse ou repenser la subjectivité et l'événement en philosophie. Vers une nouvelle approche de la créativité artistique.

dirigés par Monsieur Grégori JEAN

Soutenance prévue le mercredi 19 novembre 2025 à 14h00
Lieu : Université Côte d'Azur, campus Carlone, 98 Boulevard Edouard Herriot, 06200 Nice
Salle des conseils

Composition du jury
M. Grégori JEAN, Professeur des universités, Université Côte d'Azur, Directeur de thèse
Mme Barbara FORMIS, Maîtresse de conférences HDR, Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, Rapporteure
M. Alessandro BERTINETTO, Professeur des universités, Università degli studi di Torino, Rapporteur
Mme Anne BOISSIERE, Professeure émérite, Université Lille 3, Examinatrice
M. Jean-François TRUBERT, Professeur des universités, Université Côte d'Azur, Président

Mots-clés : Improvisation, Philosophie de la danse, Créativité, Subjectivité, Composition collective, Evénement
 

Résumé :
Dans l’imaginaire collectif, l’improvisation est généralement associée à un manque aux formes multiples : un manque d’organisation et d’ordre, de travail et de rigueur, de technique et de maîtrise. De même, elle a été souvent discréditée sinon omise en philosophie laquelle sur ce point ne semble pas dès lors s’être nettement distinguée de la doxa populaire. Considérée comme un objet peu philosophique et abstraction faite des différences qui pourtant existent entre l’improvisation au quotidien et une improvisation délibérément artistique, elle a ainsi souvent été critiquée au regard de sa valeur artistique prétendument dégradée, car l’improvisateur illusionnerait son public en se donnant de faux airs d’un artiste génial qui serait en proie à une inspiration subite, alors qu’il ne ferait que dissimuler de cette façon son manque de savoir-faire, de style, de créativité. Cette thèse se propose de prendre le contrepied de cette acception pour revaloriser les pratiques improvisées, en prenant le cas de la danse qui a été relativement peu étudié, et en repartant des pratiques offertes par la danse postmoderne états-unienne des années 60 et 70 laquelle, pour la première fois, pense et pratique enfin l’improvisation pour elle-même sans la réduire à l’embellissement d’un geste ou à un matériau inédit servant l’écriture d’une chorégraphie ultérieure. En quoi le manque de repères qu’un improvisateur recherche intentionnellement ne ruine pas toute créativité mais au contraire ouvre la voie à une nouvelle approche de la créativité artistique ? Dans la tentative de répondre à cette question, nous proposons dans ce travail de penser « à partir des » pratiques improvisées elles-mêmes, c’est-à-dire de partir de notre expérience vécue ainsi que des témoignages des improvisateurs, comme « savoirs situés » et « incarnés », pour tenter d’élaborer une théorie philosophique de l’improvisation en danse. Nous croyons effectivement que si la méthode et les outils philosophiques peuvent aider à expliciter ce qui est en jeu quand un danseur improvise, les pratiques d’improvisation nous aident en retour à repenser nos concepts philosophiques. Ce cadre étant donné, le premier moment de notre recherche analyse la spontanéité créatrice de l’improvisateur qui rend nécessaire une expression dépersonnalisée de ses gestes, c’est-à-dire une mise à distance de son ego pour s’ouvrir à l’imprévisible, alors qu’il est traditionnellement reconnu qu’un artiste met du sien dans ses créations et s’exprime personnellement à travers ses œuvres. Cette mise en retrait de l’ego conduit de plusieurs manières à une certaine déconstruction de sa subjectivité individuelle : à travers une action qui secondarise la volonté comprise comme force motrice du corps et comme emprise sur une situation pour accepter de « vouloir l’involontaire », à travers des modes de faire et défaire son corps qui viennent nuancer les traits distinctifs d’un « corps propre », et à travers une ouverture à des forces d’agir autres que simplement miennes qui témoignent de l’aspect transindividuel de toute improvisation. Ce propos nous invite dans un second moment à envisager le passage du Je au Nous, de l’individuel au collectif, où nous y découvrons que si transcendance il y a par définition dans toute création artistique, car quelque chose échappe résolument, cette transcendance prend d’autres aspects dans la créativité collective qui sert à composer une improvisation. Ce caractère transcendant n’est pas dû à une inspiration divine ou à des prédispositions innées, mais à la surenchère, au surcroît qui émerge, sur le moment présent, des actions individuelles des improvisateurs et de leurs interactions. Nous proposons d’appeler ce « plus que » un événement qui prend la forme d’une émergence, qui rend particulièrement magiques certains moments d’improvisations très réussis et qui, dans ses aspects relationnels et durationnels, ouvre la voie à une nouvelle approche possible de l’événement en philosophie.


La soutenance sera suivie d'un pot auquel vous êtes chaleureusement conviés.
Au plaisir de partager ce moment avec vous.
Alessandra Randazzo